Pour une « libération » des femmes ?

Pour une libération des femmes qui ne soit pas un renforcement de la valorisation des valeurs « masculines ».
Je rêve d’une libération des femmes qui leur permette de se sentir libre d’être elles-mêmes, de ne pas avoir à ressembler au modèle masculin dominant et valorisé pour se sentir à égalité.
Une libération où ce n’est pas nécessaire d’être active, froide, détachée, de pouvoir parler de sexe sans sensibilité, d’être entreprenante, courageuse, forte, indépendante, reconnue socialement pour sa réussite, combattante ou combative, forte, ambitieuse, de parler avec aisance et confiance pour pouvoir être considéré autant qu’un homme.

J’aspire à un monde où l’importance de la vulnérabilité, du silence, de l’écoute, de l’introspection, de la contemplation, de l’interdépendance, de la douceur, de la prudence, de l’humilité, de la discrétion, de la sensibilité ne serait plus questionnée ;
où rester chez soi à se reposer, à contempler ou créer sans but, passer du temps à prendre soin de son intérieur ou des autres, des générations ou personnes moins autonomes ne seraient plus reléguer au rang d’activités de second plan, quotidiennes et non productives, voire récréatives.
Où on pourrait avoir une vulve et explorer ce qui nous plaît - que ce soit la force, l’indépendance, l’action, la combativité, être dans la réussite, parler fort et avec audace, et être reconnue socialement ou rester chez soi, prendre soin de soi et des autres, savoir se taire et écouter, faire le ménage, buller ou s’embellir.
Et cela ne ferait aucune différence sur le regard qu’on nous porte, l’argent qu’on reçoit ou la valeur qu’on nous donne ou que l’on se donne.

J’aimerais habiter une Terre où on aurait pris conscience que :
Sans repos, l’action s’épuise, perd de sa saveur.
Sans silence les mots perdent de leurs sens, la parole devient creuse.
Sans reconnaissance de notre interdépendance, l’autonomie a un goût amer.
… mais aussi…
Sans force, la sensibilité nous étouffe ou sans fermeté, la douceur devient mollesse.

J’aspire surtout à un monde où que l’on ait un pénis, une vulve, un peu des deux ou rien du tout, on puisse explorer toutes ces différentes qualités d’énergie sans préférences et sans jugements.
Puissions nous vivre dans une société où on se rende compte que chaque polarité est nécessaire pour créer un monde harmonieux où chacun-e a la place de se réaliser et de s’épanouir dans le respect de toutes les formes de vie.